le 5 mai
Jose Kusugak, président, Inuit Tapiriit Kanatami
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Pour donner un point de comparaison temporelle, Jose Kusugak mentionne aux participants qu’il vient tout juste de célébrer son 55e anniversaire. « Je suis né un 2 mai dans un igloo à Repulse Bay, dit-il, faisant observer que des années plus tard il faisait 25° C à Ottawa, à cette même date.
Bien qu’il soit difficile d’imaginer notre mode de vie à cette époque, « vous pouvez supposer que nous passions notre temps à l’extérieur, sauf pour dormir. Nous faisions partie de l’écosystème arctique. » Les Inuits connaissent leur environnement, le ciel, la terre, l’eau. « Il n’était pas bien difficile de le comprendre puisque nous y étions intégrés. »
M. Kusugak compare la stupidité des dinosaures qui ont détruit leur environnement en 25 millions d’années à celle des humains qui ont fait la même chose en une seule génération. « Nous avons tellement pollué l’atmosphère que je ne sais pas quand prendre mes vacances, » dit-il. En raison des changements climatiques, il ne sait plus quel est le moment propice pour se déplacer vers le Nord pour chasser le caribou ou pêcher.
M. Kusugak explique qu’il a été invité à cette conférence pour parler de la réponse et de l’adaptation des Inuits aux répercussions des changements climatiques. « Je peux résumer en une seule phrase, les changements climatiques sont une réalité. » Il mentionne les rapports des collectivités sur la disparition du « simik » (un type de neige) et des bonnes sources d’eau.
Il parle également d’une tragédie où deux jeunes hommes se sont noyés à leur retour vers Cape Dorset. L’un ayant retrouvé l’autre à l’aide de la technologie GPS, les deux voyageurs ont cru pouvoir utiliser le même instrument au retour. Ils ont quitté le refuge pour marcher sur la glace de mer. Il n’y a aucune glace flottante, normalement, à cette période de l’année. Pourtant, cette année-là, il y en avait.
Bien que la technologie s’avère fort utile, « elle n’améliore pas votre capacité de raisonnement », ajoute-t-il. Il signale que tout se résume au fait que « vous devez prêter attention à l’environnement et non pas seulement au premier indice venu. » Au cours de son enfance, M. Kusugak n’a connu que deux Blancs, le prête et le négociant en fourrures pour la Compagnie de La Baie d’Hudson. À cette époque, il n’aurait pu imaginer que 50 ans plus tard, il parlerait devant une salle remplie de Blancs. De même qu’il ne peut anticiper comment sera l’avenir pour ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Il pense, par exemple, qu’on pourra naviguer dans le passage du Nord-Ouest, ce qui facilitera les problèmes de drogues, le commerce de personnes et la pollution.
« Nous devons nous préoccuper des générations à venir et encourager nos leaders à le faire également, » dit-il. « Ainsi, nous pourrons atténuer les répercussions des changements climatiques et s’y adapter. »
2005-04-05 |
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