Conférence nationale du changement climatiques impacts et adaptation
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le 5 mai

Paul Kovacs, directeur exécutif, Institut de prévention des sinistres catastrophiques (IPSC) : http://www.IPSC.org/ et président, Société d'indemnisation en matière d'assurances

Paul Kovacs rappelle aux participants que la Semaine de la planification d’urgence (tenue parallèlement à la conférence) a été instaurée afin de sensibiliser la population et d’inviter les gens à réfléchir aux risques propres à chaque région et à la façon de gérer les désastres.

Chaque année, l’IPSC procède à la réfection d’une maison en fonction de la prévention des sinistres, explique M. Kovacs. Ainsi, on a modifié une maison à Vancouver de manière à accroître sa résistance aux tremblements de terre et une autre dans le sud de l’Ontario pour mieux faire face aux tornades. C’est de l’adaptation mise en pratique, dit-il, mais il y a bien d’autres moyens d’éveiller l’attention et le soutien de la population.

Comment les changements climatiques sont-ils perçus dans le milieu des assurances? Avec des réclamations constamment en hausse, les compagnies d’assurances ont bien sûr cette préoccupation en tête. L’année dernière, des indemnités d’une valeur de 50 milliards $ ont été versées, en partie à cause du tsunami qui a touché l’Asie en 2004. Au Canada seulement, l’industrie de l’assurance a versé un quart de milliards $ pour le feu de forêt de Kelowna. Des réclamations de cette envergure donnent à réfléchir aux changements climatiques et aux coûts qu’ils peuvent entraîner.

Les données internationales indiquent que les coûts que doivent absorber les compagnies d’assurance doublent tous les cinq à sept ans. Si cette tendance se maintient, « il ne restera plus rien » d’ici 2065. Cela peut sembler exagéré, mais il est certain que la tendance actuelle ne peut se poursuivre.

Pour M. Kovacs, les compagnies d’assurance sont certainement prêtes à soutenir toute action qui pourrait éradiquer le problème, mais elles ne comprennent pas le problème dans toutes ses subtilités techniques. L’adaptation convient bien aux modes d’opération du secteur. Cependant, il y a déséquilibre entre l’atténuation et l’adaptation, tant à l’échelle mondiale qu’à celle du Canada. Une approche plus énergique de même qu’un meilleur appui aux débats sur les stratégies seraient à souhaiter en matière d’adaptation.

Afin de combler, du moins partiellement, cette lacune, M. Kovacs a mis sur pied l’IPSC, un organisme qui a pour mandat de réduire les pertes de vie, les blessures et les dommages à la propriété causés par les désastres. Ces questions doivent être abordées à partir d’une perspective de recherche qui donne une meilleure assise aux actions à entreprendre. M. Kovacs ajoute que 90 % des représentants de l’industrie approuvent cette approche et s’engagent à s’y impliquer.

Le principal effet de la variabilité du climat sur l’industrie de l’assurance a été le paiement d’un nombre croissant de réclamations, allègue M. Kovacs. Les compagnies d’assurance ont aussi travaillé à modifier le comportement des clients en prônant des mesures préventives afin de prémunir les personnes et les biens contre les séismes. Le projet de réfection de maisons, par exemple, indique ce qui peut être fait en plus de créer un événement médiatique. M. Kovacs et l’IPSC encouragent également les petites entreprises à prendre part à un nouveau programme qui les aident à prévoir des temps difficiles et à planifier en conséquence.

M. Kovacs souligne que l’adaptation doit faire partie du débat public sur les politiques et que des fonds plus importants devraient être orientés vers la recherche sur les stratégies d’adaptation. L’industrie de l’assurance s’efforce de maintenir cet objectif.

En ce qui a trait aux besoins dans ce domaine, M. Kovacs dit qu’il voit trois domaines distincts : la recherche en ingénierie et en sciences naturelles, la recherche dans les sciences sociales et du comportement, et la recherche en matière de politiques. Le besoin de recherche en ingénierie et en sciences naturelles est déjà accepté et l’on s’en fait une idée assez concrète d’expériences avec des tunnels aérodynamiques, des tables de vibration ou autres instruments d’ingénierie.

En tant qu’économiste, M. Kovacs assure que la recherche en sciences sociales est tout aussi essentielle même si, à prime abord, elle ne semble pas aussi évidente puisqu’il y est question d’actions et de choix personnels. Dans ce secteur, « nous voulons comprendre quelles recherches s’effectuent et quels sont les facteurs qui font la différence pour les choix individuels ». En ce qui a trait à al recherche en matière de politiques, M. Kovacs dit que les options de politiques publiques qui appuient des stratégies d’adaptation doivent être déterminées.

En résumé, l’industrie de l’assurance reconnaît l’existence des changements climatiques et aimerait prendre part aux stratégies d’adaptation afin de contrer une tendance risquée et non viable.

Un participant aborde la difficulté de modifier les comportements et demande si les incitatifs économiques ne seraient pas une avenue. Il demande si l’industrie a comme projet de réduire les primes d’assurance pour ceux qui construisent des maisons adaptées. M. Kovacs répond qu’un programme de recherche est en cours sur la question. Même dans le cas de primes d’assurance modestes, l’enquête démontre qu’une réduction de l’ordre de dix dollars est alléchante pour les clients. En outre, vivre dans une maison plus sécuritaire représente une valeur non monétaire de choix. En fait, les clients s’attendent à ce que les compagnies d’assurance les informent de questions pertinentes.

De plus, ajoute M. Kovacs, une maison modifiée en fonction d’éventuels événements climatiques exceptionnels (p. ex. volets anti-ouragan) affichera probablement un meilleur prix de revente. Cet atout ne peut-il pas constituer un incitatif important pour promouvoir les stratégies d’adaptation? L’IPSC se penche sur de tels facteurs.

Un autre participant demande si le caractère global des changements climatiques fait en sorte qu’il sera impossible de recourir à la réassurance. M. Kovacs répond que les compagnies d’assurance « ont une telle confiance dans les assurances qu’elles achètent elles-mêmes de l’assurance. » Grâce à la réassurance, par exemple, les compagnies d’assurance ont pu recouvrer un milliard des coûts de la tempête de verglas. Ce coût net des événements extrêmes pour l’industrie de l’assurance est toujours inférieur aux coûts bruts. Avec la perspective de l’augmentation du nombre de réclamations, les réassureurs s’expriment davantage au sujet de la question des changements climatiques, dit M. Kovacs.

Si les événements météorologiques extrêmes peuvent se manifester n’importe où sur la planète, les réassureurs sont également répartis à différents endroits du globe, ce qui contribue à répartir le risque. L’industrie de l’assurance s’est engagée face à divers changements climatiques au cours de la dernière décennie. Les acteurs de cette industrie ont compris l’importance de « se positionner professionnellement » face aux changements climatiques, c’est pourquoi ils portent attention au travail des spécialistes dans ce domaine ainsi qu’aux modèles de prévision climatique.


2005-04-05

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