le 5 mai
Tom Rosser, Association des produits forestiers du Canada
http://www.fpac.ca/fr/index.php
Selon Tom Rosser, l’industrie forestière canadienne est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. Il illustre cette vulnérabilité en donnant cinq exemples de feux et d’infestations d’insectes nuisibles. L’industrie forestière compte 361 000 emplois directs et constitue le principal employeur dans près de 320 collectivités rurales. En offrant un salaire supérieur à la moyenne, elle offre aussi une base économique à plus de 15 000 autochtones.
Cette industrie se distingue par sa répartition géographique, car elle couvre pratiquement toutes les régions du Canada. Très peu d’individus savent que le Canada est le principal exportateur de produits forestiers au monde, contribuant de façon importante à la balance commerciale positive du pays. Tout ceci est encourageant, explique M. Rosser, mais quel est le lien avec les changements climatiques? Les forêts reposent sur les écosystèmes qui sont dores et déjà influencés par les changements climatiques.
M. Rosser donne en exemple les infestations de dendroctone de pin ponderosa en Colombie-Britannique et en Alberta. En 2004 seulement, ces infestations ont entraîné la perte de 270 millions de mètres cubes de bois d’œuvre, représentant des milliards de dollars. Les récents hivers chauds (p. ex., aucun gel intense) et les étés chauds et secs ont favorisé la prolifération de dendroctone.
Les feux de forêt, tout comme les infestations d’insectes nuisibles, font partie du cycle normal des forêts. Cependant, leur fréquence et leur intensité tendent à augmenter, ce qui montre la vulnérabilité des feux de forêt aux variations du climat. L’année dernière, trois millions d’hectares ont brûlé, une superficie équivalente à la moitié de la Nouvelle-Écosse, indique M. Rosser.
Les changements climatiques pourraient avoir des conséquences importantes sur la croissance et l’exploitation des forêts, car les arbres que l’on plante maintenant n’atteindront leur maturité qu’à la fin du siècle. En raison de ces préoccupations au Canada, l’industrie souhaite s’associer à des chercheurs qui lui permettront d’apporter des réponses à des questions telle que :
Est-il possible d’établir un lien entre les insectes et les changements climatiques, ce qui permettrait de prévoir la prochaine infestation?
- Peut-on intégrer les changements climatiques dans les modèles de lutte contre les incendies?
- Peut-on aussi intégrer les changements climatiques dans l’aménagement forestier?
Selon M. Rosser, l’industrie des produits forestiers du Canada est fière de ses réalisations en matière d’émission de gaz à effet de serre. En effet, elle a réduit ses émissions de 20 % malgré une hausse de la production. Il souligne que l’industrie forestière est la première au Canada à établir un protocole d’entente avec le gouvernement fédéral pour collaborer sur les questions touchant les changements climatiques. L’industrie et le gouvernement se sont engagés à travailler ensemble à définir un cadre stratégique par rapport aux répercussions des changements climatiques sur les forêts.
Bien que RNCan et le Service canadien des forêts aient réalisés des travaux de recherche considérables, M. Rosser signale qu’il n’existe toujours pas de cadre appuyant les discussions sur l’adaptation. Les discussions revêtent généralement un caractère ponctuel, explique-t-il, même si les processus sont au point pour surveiller les événements et les répercussions dans un contexte d’atténuation pour l’industrie forestière. La clé, selon lui, est de mettre la question de l’adaptation au premier plan dans un contexte où ni les convaincus, ni les incrédules par rapport aux changements climatiques ne veulent porter attention à l’adaptation. Malheureusement, « cela détourne l’attention des citoyens vers les secteurs où les ressources sont en jeu. »
« Peu importe ce que nous faisons dans le domaine de l’atténuation, les changements climatiques dans une certaine mesure sont inévitables, » mentionne-t-il. C’est pourquoi l’adaptation est primordiale. Bien que l’on finance maintenant les activités liées à l’adaptation, on investit encore davantage dans l’atténuation. « On a fait un pas en avant, mais on s’est engagé à en faire plus. On doit maintenant trouver un équilibre et élaborer une approche globale. »
Un des participants parle d’une conférence sur les processus bioindustriels qui s’est tenue en Floride au cours de laquelle il a assisté à une discussion sur la conversion des infrastructures d’une usine de pâtes et papiers en bioraffinage. Il demande s’il y a un intérêt au Canada pour cette conversion. M. Rosser répond qu’à long terme l’industrie se penchera sur ces possibilités alléchantes. « L’industrie est consciente de ces enjeux et pourrait esquisser une carte de route. »
2005-04-05 |
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