le 6 mai
Richard Klein, Potsdam Institute for Climate Impact Research
http://www.pik-potsdam.de/~richardk/
Richard Klein a accepté l’invitation de participer à la conférence, car selon lui le Canada est un chef de file dans la recherche en adaptation et la mise en place des mesures. Aussi, il était curieux de savoir ce que le Canada souhaitait apprendre de la Nouvelle-Zélande. « Personne ne peut dire à Wayne Gretzky comment jouer au hockey. » Pour lui, le Canada est chanceux de compter sur des chercheurs de la trempe de Barry Smit et Stewart Cohen.
M. Klein parle du changement en recherche stratégique. Avant, face à cette question, on se disait : Et alors?, maintenant on se demande : Quoi faire? Cette évolution a même constitué un des sujets de discussion lors de la dernière Conférence des Parties à la Convention sur les changements climatiques qui s’est tenue à Buenos Aires. À cette occasion, les parties se sont entendues sur la nécessité de créer des modèles climatiques en appui à la recherche sur l’adaptation afin de répondre à la première question. Cependant, les modèles ne permettent pas de se pencher sur ce qu’on doit faire.
Il fait observer que la vulnérabilité aux répercussions des changements climatiques ne dépend pas seulement des changements climatiques mais aussi des facteurs locaux et sociaux. Il cite en exemple les vagues de chaleurs dans les années 1990 en Europe et en Inde qui ont révélé la vulnérabilité de différents groupes d’une région à l’autre. En Europe, ce sont les aînés, les gens seuls et les exclus du réseau social qui ont été les plus touchés. Alors qu’en Inde, ce sont plutôt les agriculteurs et les pauvres. « Si nous ne pouvons comprendre ces facteurs, nous ne pouvons répondre à la question Quoi faire? »
Pour répondre aux questions liées à l’adaptation des décideurs, M. Klein suggère aux chercheurs quatre principaux domaines de recherche sur l’adaptation : définition des enjeux et sensibilisation, définition des priorités, planification stratégique et élaboration des politiques, processus décisionnel de nature opérationnelle.
Selon lui, les travaux de recherche autant sur les impacts que sur l’adaptation liés aux changements climatiques visent à comprendre les répercussions et à déterminer comment réduire la vulnérabilité, mais de façon différente. La recherche sur les impacts des changements climatiques progresse au fur et à mesure de l’intégration de nouvelles variables climatiques dans les modèles, par exemple la couverture de glace, et de la participation d’un plus grand nombre de parties intéressées.
En revanche, la recherche sur l’adaptation s’appuie de plus en plus sur les méthodes qualitatives qui permettent d’examiner chacune des situations. La priorité est mise sur la capacité d’adaptation dont les résultats sont non seulement transmis aux parties intéressées mais représentent des « objets d’étude ». La recherche sur les impacts et l’adaptation liés aux changements climatiques « constituent deux pièces du même casse-tête qui ne correspondent pas ».
Au cours des vingt dernières années, la recherche sur les impacts climatiques a mis au point des méthodes et des outils polyvalents. Cependant, ils ne pourront toujours expliquer qu’une partie de l’évolution. Quant à la recherche sur l’adaptation, elle nécessite un changement d’orientation de la part des principaux acteurs, de la simplification à l’application des mesures d’adaptation mais aussi de l’échelle planétaire à l’échelle locale. Par conséquent, M. Klein laisse entrevoir qu’il existe « une incompatibilité autant à l’échelle spatiale que temporelle entre l’information basée sur les scénarios et les modèles » et les besoins des responsables de la mise en œuvre des mesures d’adaptation.
En faisant un tour d’horizon des outils utilisé pour évaluer les répercussions et la capacité d’adaptation, il signale que les modèles de climat global s’avèrent utiles pour évaluer les répercussions à l’échelle mondiale, mais très peu pertinents pour évaluer la capacité d’adaptation au niveau de la mise en œuvre. Il fait observer que la plupart des outils de recherche sur l’adaptation (p.ex., la participation des parties intéressées) s’appliquent autant à l’échelle locale que nationale. Fait intéressant, les méthodes des analogues s’avèrent utiles et pertinentes pour évaluer les répercussions et la capacité d’adaptation.
L’information requise par les décideurs peut être fournie de trois façons : en investissant dans la poursuite du développement d’outils pour une recherche active sur l’adaptation au climat, en faisant valoir aux chercheurs et intéressés les avantages d’utiliser ces outils, et en combinant les résultats des recherche sur les répercussions et l’adaptation. « Les modèles sont attrayants, » commente M. Klein. Grâce à eux, on connaît mieux les risques. Maintenant, on doit approfondir nos connaissances sur les moyens de s’adapter à ces risques.
Selon M. Klein, la recherche sur l’adaptation doit
Prioriser l’analyse du processus d’adaptation
Se pencher sur les questions de perception
Définir les déterminants de la capacité d’adaptation
Mettre au point de meilleurs outils et formuler des recommandations pour les décideurs dans le cas d’ambiguïtés.
On ne doit pas seulement chercher à comprendre les effets des fortes concentrations de gaz à effet de serre et de variations rapides des températures sur les changements climatiques, on doit aussi comprendre comment s’y adapter. M. Klein pense qu’il faut déterminer les limites de l’adaptation (technique, culturelle et financière) et intégrer les changements climatiques dans la gestion et la planification des ressources, notamment hydriques et agricoles, avant de les analyser et les étudier aux échelles mondiale, nationale, régionale et locale.
2005-04-05 |
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